Les Français d'origine étrangère aux élections municipales de 2001 :

Vers une « normalisation » de leur présence parmi les candidats et les élus ?

 

 

Paul ORIOL* 

Vincent GEISSER** 

 

 

« Combien seront-ils cette fois-ci ? ». Cette question est devenue presque rituelle dans la presse nationale et chez les acteurs politiques et associatifs issus des migrations qui, à chaque élection locale, spéculent sur le sort qui sera réservé aux Français d'origine étrangère dans les procédures de cooptation et de désignation des candidats. Et, tout aussi rituellement, les sociologues et les observateurs avertis établissent un bilan contrasté, rendant compte des évolutions en matière de présence des candidats et des élus issus des migrations sur les listes et dans les assemblées politiques locales[1]. Cette tâche est devenue comme une sorte d'impératif civique pour toute personne qui s'intéresse au fonctionnement de notre régime républicain et la progression du nombre de Français d'origine étrangère parmi les candidats et les élus est souvent perçue comme l'un des symptômes majeurs du mûrissement de notre démocratie française et de sa capacité à s'ouvrir à de nouvelles couches de la population résidant dans l'Hexagone. Pourtant, comme nous allons le voir, si la logique des chiffres est sans aucun doute un bon indicateur de la capacité de notre système politique à intégrer une certaine dose de pluralisme culturel- comme de pluralisme sexuel d'ailleurs -, elle est parfois trompeuse car le nombre de candidats et d'élus d'origine étrangère n'indique en rien la place et la fonction qui leur seront attribués, ni même les représentations véhiculées à leur propos par les responsables locaux et nationaux des partis politiques : force est d'admettre que la logique des chiffres n'est pas forcément synonyme d'une normalisation des relations de la République française avec les populations « d'origine extra-métropolitaine » et que les (ce mot extra-métropolitain peut faire penser qu'on a étudié le cas des DOM-TOM ce qui n'est pas le cas, c'est probablement parce que Vincent n'a pas voulue utiliser "d'origne étrngère" qui me paraît cependant plus juste) progressions enregistrées d'un point de vue strictement quantitatif ne permettent pas de parler de progrès de la « démocratie locale »[2]. Aussi, invitons-nous le lecteur à interpréter les données et les informations fournies dans cet article avec beaucoup de prudence, en évitant de céder à des généralisations abusives sur le poids réel des Français d'origine étrangère sur les listes de candidatures et dans les conseils municipaux. L'évolution de leur présence parmi les candidats et les élus (conseillers municipaux et conseillers d'arrondissements) ne peut faire l'économie d'une démarche de va-et-vient entre le contexte national (débat sur la place des Français "d'origine étrangère" dans les institutions publiques) et les situations locales (traditions et histoires migratoires propres à chaque ville), d'une part, et entre l'analyse statistique stricto sensu et les approches qualitatives (histoires de vie, trajectoires personnelles des candidats et des élus), d'autre part. Cet article général sur les Français "d'origine étrangère" aux élections municipales de mars 2001 doit être donc lu à lumière des monographies locales (Marseille, Toulouse...) figurant dans la présente livraison de la revue.

 

Question de méthode : le repérage par l'onomastique est-il fiable ?

 

En 2001, nous n'avons pas utilisé la méthode adoptée lors des précédentes élections municipales, à savoir une liste de "communes représentatives" fournie par l'institut de sondage CSA mais la liste des villes de la France métropolitaine de plus de 50 000 habitants établie par l'Insee lors du dernier recensement

À l'instar de la méthode adoptée lors des précédentes élections (Paul Oriol, 1995 On doit pouvoir citer la publication sans mettre à chaque fois le nom de l'auteur), nous avons eu recours à la liste des « communes représentatives » fournie par l'institut de sondage CSA,

 

soit exactement 108 villes de France métropolitaine de plus de 50 000 habitants, à laquelle il convient de rajouter les 3 villes relevant du statut PLM : Paris (20 arrondissements), Lyon (9 secteurs) et Marseille (8 secteurs)[3]. Au total, notre étude a porté sur 146 circonscriptions électorales, dont certaines avaient moins de 50 000 habitants (circonscriptions  des villes PLM). L'objectif de notre étude étant de recenser les candidats et les « nouveaux élus » d'origine étrangère, nous avons adressé entre le 31 mars et le 15 avril 2001 un courrier aux services « Élections » des différentes municipalités (parfois directement au cabinet du maire), en leur demandant de nous fournir systématiquement trois types de documents :

 

* les bulletins de vote des premier et second tours sur lesquels figurent les noms et prénoms des candidats, avec mention parfois de leur âge et profession ;

 

* les profession de foi des différentes listes (aspects programmatiques) ;

 

* la composition du nouveau conseil municipal (maire, adjoints et conseillers).

 

Cette démarche à caractère « systématique » nous a permis de recueillir au final des informations sur 88 communes des France de plus de 50 000 habitants, soit un taux de réponses de 80 % par rapport à la « liste primitive » du CSA. Certes, ces réponses étaient loin d'être homogènes : la très grande majorité des municipalités nous ont fait parvenir la totalité des documents demandés (bulletins de vote, professions de foi, composition du conseil municipal), mais quelques-unes ont omis de nous envoyer certains papiers qui n'avaient pas été conservés par leurs services[4]. Le cas échéant, nous nous sommes directement adressés au « Bureau des Élections » des préfectures de tutelle pour compléter les absences d'informations et combler les trous. Au final, nous avons pu travailler sur environ 500 listes au premier tour, soit 25 871 candidats toutes origines nationales et tendances politiques confondues. Au second tour, nous avons accompli un travail identique sur les listes qui restaient en compétition, en prolongeant notre analyse par un examen de la composition des nouveaux conseils municipaux.

La tâche la plus difficile a été sans aucun doute le repérage des candidats et des élus d'origine étrangère sur les listes qui ne constituent pas une catégorie homogène : celle-ci n'a de sens que par rapport à notre objectif d'enquête.  En effet, une telle étude ne vise pas à légitimer a priori l'existence d'une catégorie que l'on dénommerait « candidats et élus locaux d'origine étrangère », non pas que nous voulions céder au « républicainement correct », mais tout simplement parce qu'une telle catégorie ne fait aucun sens du point de vue du sentiment d'identité politique et de l'action publique. Notre démarche renvoyait en quelque sorte à une visée informative : donner aux lecteurs et aux acteurs intéressés par ce débat la vision la plus objective possible de la présence des candidats et des élus d'origine étrangère lors des dernières municipales de mars 2001. Pour ce faire, nous avons opté pour un mode de repérage onomastique, ce qui supposait une relative bonne connaissance des différentes vagues migratoires présentes sur le territoire français. Notre expérience de chercheur et d'acteur en ce domaine nous a sans doute aidé. De plus, la combinaison des noms et des prénoms a permis d'éviter les « erreurs d'origine », même s'il n'était pas toujours évident pour nous de distinguer un maghrébin d'un machréckin, un Espagnol d'un Portugais, un enfant de couple mixte franco-maghrébin d'un juif séfarade. Toutefois, nous avons choisi délibérément d'exclure de notre repérage toutes les combinaisons ambiguës (prénom français + nom arabe, ou prénom arabe + nom français...), lorsque que nous ne disposions pas d'informations suffisantes sur tel ou tel candidat. Dans certains cas, nous avons pu néanmoins trancher l'ambiguïté en obtenant des renseignements précis sur l'individu en question.

Pour les immigrés d'origine espagnole, italienne ou portugaise, il est plus facile de prénommer leur enfant Louis au lieu de Luis ou Luigi que pour les parents d'origine maghrébine. Un biais identique peut faire sous-estimer le nombre des Noirs africains ou même d'asiatiques à cause de leur origine religieuse chrétienne. La méthode entraîne aussi très probablement une sous estimation du nombre de femmes qui peuvent apparaître sous le nom d'épouse et non de jeune fille

 

Nous avons décidé de livrer ici les données « brutes » de notre recensement dans l'attente d'un article plus conséquent sur la question.

 

Les candidats et les élus d'origine étrangère au première tour des Municipales 2001

 

Sur l'ensemble des 25 871 individus figurant sur les 500 listes du premier tour, nous avons recensé 1957 candidats d'origine étrangère (4,3 %), dont 1200[5] d'origine maghrébine (2,4 %). Tous les partis et mouvements politiques sans exception ont présenté des candidats d'origine étrangère, y compris l'extrême droite : 66 pour le Front national (9 d'origine maghrébine) et 36 pour le Mouvement national républicain (1 d'origine maghrébine). Cette première observation peut paraître banale mais elle tend à prouver, qu'en France l'origine étrangère ne constitue pas un obstacle pour figurer sur les listes de candidatures aux élections locales, même sur celles qui défendent des valeurs anti-immigrés et xénophobes.

Toutefois, cette distribution des candidats "d'origine étrangère" est loin d'être homogène. Certains courants politiques se montrent plus « ouverts » que d'autres et le constat établi (par Paul Oriol cf remarque précédente) pour les élections municipales de 1995 s'applique, en partie, à celles de 2001 :  « On retrouve des candidats dans toutes les familles politiques, mais leur nombre est d'autant plus important que ces listes sont plus à gauche. Cette gradation de droite à gauche est moins pertinente quand il s'agit des candidats "d'origine maghrébine" du fait de leur importante présence sur des listes "divers" »[6].

Encore une fois, ce sont les listes « divers » et « divers gauche » qui ont accueilli, proportionnellement[7], en mars 2001, le plus grand nombre de candidats d'origine étrangère ( respectivement 18 % et 13,5 %) et d'origine maghrébine (14 % et 9,8 %). Les Verts, lorsqu'ils se présentaient seuls au premier tour, comportaient, eux aussi, une assez forte proportion de candidats d'origine étrangère (10,9 %) et d'origine maghrébine (7,3 %), suivis de près dans cette logique d'ouverture par les mouvements traditionnels de l'extrême gauche française : Parti des travailleurs, Ligue communiste révolutionnaire et Lutte ouvrière (9,9 % de COE et 5,8 % de COM)[8].

 

Tableau 1. Les candidats "d'origine étrangère" au premier tour selon la couleur politique de la liste (Municipales 2001)

 

Listes

Nbre de listes en présence

Nbre de candidats en présence

Candidats d'origine étrangère (ensemble)

Candidats originaires du Maghreb

Candidats originaires d'Afrique noire

Parti des travailleurs

30

1565

147

91 (51 femmes)

4

Ligue communiste révolutionnaire

26

1401

143

84 (40 femmes)

6

Lutte ouvrière

42

2215

226

128 (63 femmes)

3

Divers gauche

45

2292

311

225 (100 femmes)

9

Verts

21

1090

110

80 (38 femmes)

5

Gauche Plurielle

77

3902

310

197 (92 femmes)

10

Divers droite

69

3590

184

96 (49 femmes)

6

Union droite

76

3848

165

87 (45 femmes)

2

MNR

41

2153

36

1 (pas de femme)

0

FN

45

2379

66

9 (3 femmes)

0

Divers

28

1436

259

202 (95 femmes)

5

Total

500

25 871

1957

1200 (576 femmes)

50

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Du point de vue de l'accueil des Français "d'origine étrangère" sur les listes, la Gauche plurielle occupe une position que l'on pourrait qualifier de « médiane » avec 7,9 % de COE et 5 % de COM. Mais cette moindre ouverture aux Français issus des migrations doit être relativisée en fonction des probabilités d'éligibilité qui sont généralement plus fortes pour les listes dominées par un grand parti national comme le PS que sur les petites listes qui ont peu de chance d'avoir des élus dans les conseils municipaux. À cet égard, l'on peut dire que « le prix des places » n'est pas le même d'une liste à l'autre.

D'une manière générale, les listes d'union de la droite (DL, UDF, RPR) font preuve de davantage de frilosité en ce domaine avec 4,3 % de COE et à peine 2,2 % de COM. Nous relevons des proportions comparables pour les listes divers droite avec 5 % de COE et 2,6 % de COM. Si la droite française est de plus en plus soucieuse de recruter dans son personnel politique des Français issus de l'immigration, le message national a encore du mal à passer auprès des états-majors politiques locaux qui semblent encore réticents à l'accueil des Français d'origine étrangère et en particulier de ceux issus de l'immigration maghrébine qui continuent à incarner les « classes dangereuses » dans l'esprit de nombreux notables et militants de base. Il semblerait qu'il existe une certaine déconnexion idéologique entre les aspirations d'ouverture des directions centrales des partis et celles de leurs représentants locaux.

Comme on pouvait s'y attendre, même s'il n'existe jamais d'évidence en sociologie électorale, c'est l'extrême droite (FN et MNR) qui est de loin la plus fermée aux candidatures "d'origine étrangère" (2,25 %) et en particulier à celles des Français d'origine arabo-berbère (à peine 0,22 %) qui font toujours figure de repoussoir électoral. Néanmoins, l'extrême droite sait parfois intégrer une certaine dose de « pluralisme culturel», qu'elle instrumentalise à des fins politico-électorales : en mars 1998, le FN avait créé la surprise en faisant élire deux candidats d'origine maghrébine. au Conseil Régional d'Île-de-France[9] (Je ne pense pas avoir dit en Ile de France)..

 

Tableau 2. Les élus d'origine étrangère au premier tour selon la couleur politique

de la liste (Mmunicipales 2001)

 

Listes

Nbre de listes

Nbre de candidats en présence

Nbre d'élus au terme du 1er tour

Élus d'origine étrangère (ensemble)

Élus originaires du Maghreb

Élus originaires d'Afrique noire

Parti des travailleurs

1

43

1

0

0

0

Ligue comm révolutionnaire

2

98

2

0

0

0

Lutte ouvrière

7

359

9

1

0

0

Divers gauche

8

376

67

3

3 (1 femme)

0

Verts

3

161

7

1

0

1

Gauche Plurielle

23

1109

487

42

25 (8 femmes)

0

Divers droite

9

447

134

1

1 (1 femme)

0

Union droite

23

1103

564

16

7 (5 femmes)

5

MNR

4

202

18

2

0

0

FN

7

349

14

0

0

0

Divers

5

231

10

1

1

0

Total

92

4 478

1313

67

1200 (576 femmes)

1

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Au terme du premier tour, sur les 1313 candidats élus directement (pas de second tour), nous avons recensé 67 Français d'origine étrangère (5,1 %), dont 37 originaires du Maghreb (2,8 %). Mais à ce niveau, la distribution par tendance ou couleur politique ne signifie plus grande chose : le rapport de force électoral reprend ses droits et ce sont finalement les grandes listes qui les sont les plus à même d'envoyer des élus au conseil municipal, les petites listes de la société civile et de l'extrême gauche devant se contenter des « miettes électorales ». Sur ce plan, les Français "d'origine étrangère" n'échappent pas à cette logique du rouleau compresseur électoral : les rares élus issus de l'immigration le sont d'abord sur les listes animées par les grandes formations politiques au détriment des mouvements plus modestes : 42 élus d'origine étrangère (EOE), dont 25 originaires du Maghreb (EOM), pour la Gauche Plurielle, 16 EOE, dont 7 EOM pour l'Union de la droite (DL, UDF et RPR). Les petites listes "divers" et d'extrême gauche (PT, LCR et LO) qui présentaient pourtant proportionnellement le plus grand nombre de candidats d'origine étrangère n'ont pratiquement pas d'élus issus de l'immigration : 3 EOE pour les "divers gauche" et un seul EOE pour Lutte ouvrière.

Lors de ce premier tour des municipales 2001, une attention spéciale se devait d'être accordée aux citoyens européens (ressortissants de l'Union européenne) qui avaient la possibilité légale d'être candidats dans les communes françaises. Mais, au-delà des anecdotes médiatiques sur les candidatures d'un citoyen hollandais dans le fin fond de la Creuse ou d'un citoyen britannique dans une commune de l'Aveyron, le mouvement en faveur des candidatures européennes a été très marginal dans les villes moyennes et les grandes centres urbains. Sur les 88 communes de plus de 50 000 habitants, figurant dans notre échantillon d'enquête (Oriol-Geisser 2001), nous n'avons recensé que 120 candidatures de citoyens européens (0,45 %), dont 7 Britanniques, 10 Allemands, 21 Espagnols, 18 Italiens, 51 Portugais, 10 Belges et 3 Hollandais. Ce résultat est plus que modeste et très en deçà des espoirs de ceux qui voudraient jeter les bases d'une « véritable» citoyenneté européenne"(fermer les guillemets) dans les années à venir. De plus, la distribution des candidats par nationalité nous paraît intéressante à commenter. En effet, ce sont les citoyens européens qui sont aussi des immigrés économiques (les Portugais[10] et les Espagnols) qui sont les plus nombreux sur les listes de candidatures à gauche comme à droite. Cette distribution statistique n'est pas le fruit du hasard mais bien de l'enracinement sociologique de ces populations dans les contextes locaux : résidant depuis de nombreuses années dans les communes, ils participent pleinement à la vie associative et politique de la cité. Leurs candidatures aux élections municipales constituent en quelque sorte le prolongement logique de leur insertion dans l'espace public local. Malgré tout, leur présence dans les conseils municipaux reste numériquement très faible[11] et l'idée d'européanisation du personnel politique local et régional(local me parît suffisant, ils n'ont pas le droit de vote aux élections régionales) apparaît encore comme une utopie lointaine. En définitive, aucune force politique française, pas à plus gauche qu'à droite, n'a véritablement jouer(joué) le jeu des candidatures européennes aux élections municipales.

 

Tableau 3. Les candidats ressortissants de l'Union européenne au premier tour selon la couleur politique

de la liste (Municipales 2001)

 

Listes

Candidats toutes origines confondues

Britanniques

Allemands

Espagnols

Italiens

Portugais

Belges

Hollandais

Luxemb.

Total des candidats de l'UE

Parti des travailleurs

1626

0

0

0

0

4

0

0

0

4

LCR

1401

1

2

2

1

1

0

0

0

7

Lutte ouvrière

2215

1

1

7

0

3

1

0

0

13

Divers gauche

2292

4

1

3

2

6

0

0

0

17

Verts

1090

0

1

1

2

2

2

2

0

10

Gauche unie

891

0

0

3

1

4

0

0

0

8

Gauche plurielle

3011

0

0

3

3

7

1

0

0

14

Union de la droite

3848

0

1

0

1

8

1

0

0

11

Divers droite

3590

0

0

1

2

7

1

0

0

11

Divers

1845

0

1

0

1

2

1

0

0

5

Total

26 217

7

10

21

18

51

10

3

0

120

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Tableau 4. Les ressortissants de l'Union européenne élus au premier tour selon la couleur politique

de la liste (Municipales 2001)

 

Listes

Élus toutes origines confondues

Britanniques

Allemands

Espagnols

Italiens

Portugais

Belges

Hollandais

Luxemb.

Total des élus de l'UE

Parti des travailleurs

1

0

0

0

0

0

0

0

0

0

LCR

2

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Lutte ouvrière

9

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Divers gauche

67

1

0

0

0

1

0

0

0

2

Verts

7

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Gauche unie

0

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Gauche plurielle

487

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Union de la droite

564

0

0

0

1

1

1

0

0

3

Divers droite

134

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Divers

6

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Total

1 299

1

0

0

1

2

1

0

0

5

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Quels enseignements pouvons nous tirer de ce premier tour des Municipales 2001 en termes de représentativité(représentation me paraît plus juste) des Français "d'origine étrangère" sur les listes de candidats ?

L'hypothèse de l'intégration politique par les petites formations développée par Paul Oriol(supprimer) pour les précédentes échéances électorales se vérifie une nouvelle fois : « ces candidatures "d'origine étrangère" semblent témoigner d'une intégration politique par les "petites organisations" plus que par les "grosses" »[12]. Néanmoins, avec le recul, il semble que c'est moins la notion d'intégration politique qui est en jeu ici que les modes différentiels de constitution des listes de candidats. En effet, les processus de sélection et de cooptation ne sont pas identiques d'une liste à l'autre, d'un parti à l'autre. Concernant les petites listes (sociétés civiles(à mon avis au singulier) et extrême-gauche), la logique du militantisme de proximité et les réseaux de sociabilité immédiats priment sur les négociations de type clientéliste et les « marchandages électoraux » (tu me donnes, je te donne). De plus, pour les petites listes, les candidatures "d'origine étrangère" apparaissent sans réelle volonté d'une représentativité communautaire, ce qui est loin d'être le cas des grandes listes du PS, du RPR et de l'UDF qui cherchent à promouvoir des candidatures emblématiques pour ne pas dire « ethniques ». De ce fait, on parvient à un résultat assez paradoxal : là où l'on ne pense pas forcément en termes ethniques et communautaires, les candidats d'origine étrangère sont nombreux, reflétant la pluralité culturelle et sociale des localités, alors que là où l'on tend à réduire ces individus à des logiques de représentativité ethnique, les candidats sont moins nombreux, car finalement ils se contentent de remplir les « quotas communautaires » (1 Arabe, 1 Africain, 1 Portugais...) qui leur sont réservés à l'avance. En revanche, pour les mandats électifs, la logique est tout à fait différente: ce sont les partis et les organisations qui ont les moyens de s'imposer électoralement (rapport de force) qui sont les plus susceptibles d'envoyer des Français "d'origine étrangère" au sein des assemblées politiques locales, ce qui explique qu'au final, la Gauche plurielle et l'Union de la droite comptent le plus de EOE et de EOM.

 

Une confirmation des tendances au second tour

 

Pour le second tour, nous avons choisi de limiter notre analyse aux élus, c'est-à-dire aux individus qui, au terme du scrutin, ont décroché un mandat électif de conseiller municipal et/ou de conseiller d'arrondissement (PLM). Sur les 3062 élus recensés dans notre échantillon (Oriol-Geisser, 2001supprimer), nous avons relevé 173 élus d'origine étrangère (5,6 %), dont 107 originaires du Maghreb (3,5 %)[13]. La distribution par couleur politique confirme, en grande partie, les tendances observées lors du premier tour de scrutin : ce sont généralement(supprimer) les listes de gauche qui ont envoyé le plus grand nombre de Français "d'origine étrangère" dans les assemblées politiques locales : 110 pour la Gauche Plurielle (PCF-MDC-PS-Verts-Radical) et 15 pour les divers gauche, ce qui correspond respectivement à 8,3 % et 11 % de l'ensemble de leurs élus du second tour. À droite de l'échiquier politique, le nombre d'élus "d'origine étrangère" est nettement moins important : 34 pour les listes d'Union de la droite, 11 pour les divers droite et 2 pour le Front national. À l'instar des municipales de 1989[14] et de 1995[15], l'essentiel des nouveaux élus locaux issus de l'immigration se recrutent(au singulier ?) à gauche, en particulier dans la mouvance socialiste (PS et apparentés), même si l'on peut constater une certaine ouverture des partis de droite classique à leur égard qui devrait se confirmer dans les prochaines années.

Le cas des Français originaires du Maghreb (FOM) mérite d'être souligné : ils constituent toujours le « gros des bataillons » des nouveaux élus d'origine étrangère, soit 61 % des EOE du second tour, très loin devant les enfants de l'immigration européenne et surtout de l'immigration d'Afrique noire qui est quasiment absente des conseils municipaux (8 élus recensés pour toute la France). Mais cette forte visibilité municipale des « Maghrébins » par rapport aux autres enfants de l'immigration n'est-elle pas due précisément au fait que leur présence renvoie à une problématique sociale particulière, celle de la gestion des banlieues et des quartiers difficiles ? En ce sens, c'est une intégration politique fondamentalement ambivalente, dans la mesure où elle tend à leur assigner implicitement ou explicitement un rôle politique fortement marqué par leurs origines culturelles et leur filiation sociale, voire même par leur religion (la recherche de médiateurs musulmans).

 

Tableau 5. Les élus d'origine étrangère au deuxième tour

selon la couleur politique de la liste (Municipales 2001)

 

Listes

Nbre de listes

Nbre élus toutes origines

Élus d'origine étrangère (ensemble)

Élus originaires du Maghreb

Élus originaires d'Afrique noire

Divers gauche

11

136

15

7 (5 femmes)

3

Verts

6

27

1

0

0

Gauche Plurielle

54

1326

110

78 (41 femmes)

5

Divers droite

23

391

11

5 (1 femme)

0

Union droite

48

1141

34

17 (6 femmes)

0

MNR

2

7

0

0

0

FN

9

29

2

0

0

Divers

2

5

0

0

0

Total

155

3 062

173

107 (53 femmes)

8

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Quant aux étrangers ressortissants de l'Union européenne, ils sont presque absents des conseils municipaux de notre échantillon d'enquête, puisque l'on ne recense (en) pour tout et pour tout que 11 élus (3 Espagnols et 8 Portugais), dont on peut supposer qu'ils appartiennent, soit au milieu des anciens exilés politiques, soit à l'immigration économique. Ce nombre extrêmement faible de citoyens européens participant aux instances du pouvoir local en France souligne l'effort de pédagogie qui reste à faire dans les populations concernées (encore faiblement inscrites sur les listes électorales) mais surtout auprès des états-majors politiques français qui n'ont pas mené de campagne active sur le sujet, comme si l'Europe n'était pour eux qu'une thématique gadget.

 

Tableau 6. Les  ressortissants de l'Union européenne élus au second tour

selon la couleur politique de la liste (municipales 2001)

 

Listes

Élus toutes origines confondues

Britanniques

Allemands

Espagnols

Italiens

Portugais

Belges

Hollandais

Luxembourgeois

Total élus de l'UE

Divers gauche

136

0

0

0

0

1

0

0

0

1

Gauche unie

166

0

0

1

0

0

0

0

0

1

Gauche plurielle

1119

0

0

2

0

4

0

0

0

6

Union de la droite

1141

0

0

0

0

2

0

0

0

2

Divers droite

134

0

0

0

0

1

0

0

0

1

Total

1 299

0

0

3

0

8

0

0

0

11

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

*

**

 

Quel bilan tirer de ces élections municipales de mars 2001 quant à la représentation politique des Français d'origine étrangère ?

D'aucuns contesteront les termes mêmes de la question, puisque qu'à leurs yeux, il n'y a que des élus citoyens français, voire aujourd'hui des élus ressortissants de l'Union européenne, mais pas d'élus identifiés selon leurs origines nationales, culturelles ou religieuses. En tant qu'observateur de la vie politique française et des phénomènes migratoires, nous sommes toujours restés prudents à l'égard de ce type de démarche visant à faire ressortir des particularismes en tout genre, donnant parfois l'impression que l'on met « à part » un groupe de candidats, d'élus, de responsables partisans ou de militants politiques. Cependant, cette démarche « particulariste » du chercheur et de l'observateur s'inscrit bien dans une visée universaliste de la connaissance : réfléchir sur la congruence entre le pluralisme politique et le pluralisme culturel, vérifier en somme la capacité de notre système politique à répondre aux transformations de notre société. Sur ce plan, on peut parler d'un processus de banalisation de la présence des Français d'origine étrangère en politique, même si celui-ci n'est pas exempt d'ambiguïté du point de vue de la « norme républicaine ». Tous les partis et les mouvements politiques (y compris l'extrême droite) accueillent actuellement des candidats d'origine étrangère et d'origine maghrébine. Toutefois, cette forme d'insertion par le bais des élections renvoie à des significations multiples et parfois contradictoires qui nécessiteraient une analyse plus approfondie.

En guise de conclusion, nous serions tentés de dire que la leçon de républicanisme lors de ces dernières élections municipales, ne fut pas donnée, comme on pouvait s'y attendre, par les grandes formations politiques de notre pays (PS, RPR, UDF, DL...), qui auraient pourtant les ressources et les moyens de « faire élire » davantage de Français "d'origine étrangère" dans les instances du pouvoir local et national, mais davantage par les petites formations de gauche et de la « société civile », dont la composition des listes reflète de plus en plus la diversité culturelle et migratoire de la population française.


Documents

 

Tableau 7. Les élus d'origine étrangère au premier tour selon le pourcentage d'étrangers dans la commune

(Municipales 2001)

 

% immigrés dans la commune

Nbre de villes

Nbre de candidats en présence

Nbre d'élus en présence

Nbre d'élus issus des migrations

% élus issus des migrations

Moins de 1%

1

129

43

0

0

Entre 1 et 2%

2

374

92

2

2,17

Entre 2 et 3 %

1

90

45

0

0

Entre 3 et 4 %

2

330

110

6

5,45

Entre 4 et 5%

2

307

88

3

3,41

Entre 5 et 6 %

3

569

153

9

5,88

Entre 6 et 7 %

1

244

61

1

1,64

Entre 7 et 8 %

3

384

143

5

3,5

Entre 8 et 9 %

3

654

139

5

3,6

Entre 9 et 10 %

2

180

90

2

2,22

Entre 10 et 11 %

1

196

49

1

2,04

Entre 11 et 12 %

2

294

98

4

4,08

Entre 14 et 15 %

1

135

45

1

2,22

Entre 18 et 19 %

1

147

49

8

16,33

Entre 19 et 20 %

1

180

45

9

20

Entre 26 et 27 %

1

265

53

9

16,98

Total

27

4 478

1303

65

4,99

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Tableau 8. Les élus d'origine étrangère au deuxième tour selon le pourcentage d'étrangers dans la commune (Municipales 2001)

 

% immigrés dans la commune

Nbre de villes

Nbre de candidats en présence

Nbre d'élus en présence

Nbre d'élus issus des migrations

% élus issus des migrations

Entre 1 et 2%

3

286

143

2

1,41

Entre 2 et 3 %

4

465

210

3

1,43

Entre 3 et 4 %

2

265

108

5

4,63

Entre 4 et 5%

7

808

361

14

3,88

Entre 5 et 6 %

6

850

326

9

2,76

Entre 6 et 7 %

4

456

182

6

3,3

Entre 7 et 8 %

5

787

269

8

2,97

Entre 8 et 9 %

4

740

214

12

5,61

Entre 9 et 10 %

6

877

348

16

4,6

Entre 10 et 11 %

3

432

161

13

8,07

Entre 11 et 12 %

2

208

104

4

3,85

Entre 12 et 13 %

1

195

65

4

6,15

Entre 13 et 14 %

2

264

88

14

15,91

Entre 14 et 15 %

2

392

98

18

18,37

Entre 15 et 16 %

1

55

41

3

7,32

Entre 16 et 17 %

2

318

106

7

6,6

Entre 17 et 18 %

1

135

45

5

11,11

Entre 18 et 19 %

1

106

46

3

6,52

Entre 19 et 20 %

1

106

53

7

13,21

Entre 21 et 22 %

1

90

45

9

20

Entre 29 et 30 %

1

196

49

11

22,45

Total

59

8 031

3062

173

5,65

 

Tableau 9. Les candidats d'origine étrangère au premier tour à Paris selon la couleur politique de la liste

(Municipales 2001)

 

Listes

Nbre de listes en présence

Nbre de candidats en présence

Candidats d'origine étrangère (ensemble)

Candidats originaires du Maghreb

Candidats originaires d'Afrique noire

Parti des travailleurs

7

213

11 (5,16%)

2 (1 femme)

0

100 % à gauche

6

207

14 (6,76%)

11 (4 femmes)

0

Lutte ouvrière

15

424

29 (6,84%)

11 (3 femmes)

0

Verts

20

517

32 (6,19%)

11 (4 femmes)

0

Gauche Plurielle

20

517

32 (6,19%)

13 (8 femmes)

2

Divers droite (dont Tibéri)

29

772

40 (5,18%)

14 (3 femmes)

1

Union droite (Seguin)

20

517

35 (6,77%)

16 (6 femmes)

3

MNR

20

517

7 (1,35%)

0

0

FN

20

517

13 (2,51%)

4 (1 femme)

0

Divers

15

466

39 (8,37%)

19 (10 femmes)

3

Total

172

4 667

252 (5,40%)

96 (41 femmes)

9

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Tableau 10.  Les élus d'origine étrangère dans le nouveau Conseil de Paris

 

Composition Conseil de Paris

Élus

Élus d'origine étrangère (ensemble)

Élus originaires du Maghreb

Élus originaires d'Afrique noire

Gauche Plurielle

92

6

2

0

Droite Tibéri

16

0

0

0

Union droite (Seguin)

55

0

0

0

Total Conseil de Paris

163

6

2

0

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 

Tableau 11. Les élus d'origine étrangère dans les nouveaux conseils d'arrondissements de Paris

 

Conseillers d'arrondissements

Conseillers arrdt

CA d'origine étrangère (ensemble)

CA originaires du Maghreb

CA originaires d'Afrique noire

Gauche Plurielle

196

13

4 (4 femmes)

2

Droite Tibéri

47

1

0

0

Union droite (Seguin)

111

4

2 (1 femme)

0

Total Conseillers d'arrondissements

354

18

6 (5 femmes)

2

© Enquête Oriol-Geisser 2001.

 



* Membre du conseil éditorial de Migrations Société.

** Chargé de recherche à l'Iremam-Cnrs.

[1] cf. Paul Oriol, « Les immigrés et les élections municipales de 1995 », Migrations Société, n° 56, mars-avril 1998, pp. 5-17 ; Paul Oriol, « La question de l'immigration lors des élections législatives de 1997 », Migrations Société, n° 63, mai-juin 1999, pp. 15-24 ; Paul Oriol, « La question de l'immigration lors des régionales de 1998 », Migrations Société, n° 68, mars-avril 2000, pp. 23-28 ; Paul Oriol, « Les immigrés candidats aux élections européennes de 1989, 1994 et 1999 », Migrations Société, n° 68, mars-avril 2000, pp. 29-34 ; Paul Oriol, « Les Français d'origine étrangère parmi les candidats aux élections », Migrations Société, n° 75-76, mai-août 2001, pp. 51-62. Cf. aussi l'ouvrage de Vincent Geisser portant sur le mandat  1989-1995 des élus français d'origine maghrébine dans Ethnicité républicaine : les élites d'origine maghrébine dans le système politique français, Paris, Presses de sciences po, 1997, 261 p.

[2] Vincent Geisser, « des élus d'origine maghrébine dans les conseils municipaux : une avancée ambiguë pour la démocratie locale », dans Bernard Delemotte et Jacques Chevallier, Étranger et citoyen, les immigrés et la démocratie locale, Amiens-Paris, Licorne-l'Harmattan, 1996, pp. 35-44.

[3] Liste des 108 villes : Aix en Provence, Ajaccio, Amiens, Angers, Annecy, Antibes, Antony, argenteuil, arles, asnieres/seine, aubervillers, aulnay sous bois, avignon, beauvais, belfort, besancon, Béziers, blois, bordeaux, boulogne billancourt, bourges, brest, brive, caen, calais, cannes, cergy, chalons en champagne, chalons/saone, Chambéry, champigny/marne, charleville/mézieres, chateauroux, cholet, clermont-ferrand, clichy, colmar, colombes, courbevoie, créteil, dijon, drancy, dunkerque, evreux, evry, fontenay/bois, grenoble, hyères, issy les moulineaux, ivry/seine, la roche/yon, la rochelle, la seyne/mer, laval, le havre, le mans, levallois perret, lille, limoges, lorient, maisons alfort, meaux, mérignac, metz, montauban, montpellier, Montreuil, mulhouse, nancy, nanterre, nantes, neuilly/seine, nice, nimes, niort, noisy le grand, orléans, pantin, pau, perpignan, pessac, poitiers, quimper, reims, rennes, roubaix, rouen, rueil malmaison, saint denis, saint etienne, saint malo, saint maur des fosses, saint nazaire, saint quentin, sarcelles, sartrouville, strasbourg, toulon, toulouse, tourcoing, tours, troyes, valence, vannes, vénissieux, versailles, villeneuve d'asq, villeurbanne, vitry/seine.

[4] Nous avons eu 506 listes sur les 511 en présence. Parmi elles, 64 ne comportent pas de renseignements sur la profession. 23 villes n'ont pas fourni de liste : Aix en Provence, Ajaccio, Asnières/Seine, Beauvais, Belfort, Besancon, Caen, Champigny/Marne, Fontenay/Bois, La Rochelle, Levallois Perret,  Meaux, Montreuil, Mulhouse, Niort, Pau, Poitiers, Reims, Saint Maur des Fosses, Saint Quentin, Tours, Valence, Vitry/Seine.

[5] Les 1200 candidats d'origine maghrébine se répartissent ainsi : 624 hommes et 576 femmes.

[6] Paul Oriol, « Les Français d'origine étrangère parmi les candidats aux élections », Migrations Société, n° 75-76, mai-août 2001, p. 57.

[7] Par rapport à l'ensemble de leurs candidats toutes origines nationales confondues.

[8] COE = candidats d'origine étrangère ; COM = candidats d'origine maghrébine.

[9] Paul Oriol, « Les Français d'origine étrangère parmi les candidats aux élections », Migrations Société, n° 75-76, mai-août 2001, p. 54.

[10] Dont 4 d'entre eux figurent sur la liste du MNR de Bruno Mégret.

[11] À peine 7 conseillers municipaux ressortissants de l'Union européenne recensés dans notre échantilon de 86 villes.

[12] Paul Oriol, « Les Français d'origine étrangère parmi les candidats aux élections », Migrations Société, n° 75-76, mai-août 2001, p. 53.

[13] Sur les 107 élus originaires du Maghreb, on dénombrait 54 hommes et 53 femmes. Rappelons que ces chifffes n'incluent que les communes de plus de 50 000 habitants fournies par l'institut CSA.

[14] Vincent Geisser, Etnncité républicaine : les élites d'origine maghrébine dans le système politique français, op. cit.

[15] Paul Oriol, « Les immigrés et les élections municipales de 1995 », Migrations Société, n° 56, mars-avril 1998, pp. 5-17.