La nationalité de P’tit Louis.

Son grand père paternel est un immigré hongrois, naturalisé et sa grand-mère paternelle, fille d’un juif de Salonique. Son grand-père maternel est moldave et sa grand-mère maternelle fille d’un Belge et d’une Espagnole. Quelle est la nationalité de P’tit Louis ? Sans discussion possible, il est français par le droit du sol car né en France d’au moins un parent né en France. Même s’il peut prétendre, par le droit du sang, à plusieurs autres nationalités, belge, espagnole, moldave…


Peut-être demandera-t-il un passeport belge ou espagnol, plus facile à obtenir par les binationaux vivant en France qu’un passeport français, si l’on en croit l’abondant courrier reçu par Libération (1) à la suite des mésaventures d’une Française né en Algérie à qui on a demandé, en plus d’une foule de documents, une attestation de judaïté pour obtenir son certificat de nationalité.


Voilà où conduit l’obsession anti-immigrée qui a saisi les politiques depuis quelques années et qui ne fait que s’amplifier depuis que Nicolas Sarkozy est entré dans la carrière, du ministère de l’Intérieur à la présidence de la République.


Mais a-t-on demandé un certificat de nationalité au candidat Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa lors de la dernière élection présidentielle ? « Comme tous les Français nés à l’étranger ou de parents étrangers » a-t-il été astreint à la « procédure spéciale » ? Lui a-t-on demandé les actes de naissance de son père et de sa mère, un acte de mariage (religieux ?) de ses parents, «un acte de [sa] religion», le livret militaire de ses deux grands-pères ? A-t-on fait de même pour sa concurrente, née au Sénégal, mais dont, il est vrai, le patronyme débordant de légitimité la met au dessus de tout soupçon.


La présidence de la République est, chacun le sait, un poste à responsabilité limitée, par rapport à celui des personnes chargées d’élire son titulaire. En tout cas, les Français ont élu Nicolas Sarkozy sans soulever cette question, ce dont on ne devrait pas avoir à se féliciter. Il ne reste plus à espérer que les politiques et l’administration aient la même sagesse que le peuple français. P.O. (Paru dans Politis n°968 du 20-26 septembre 2007)

(1) Libération du 7 août 2007